NOS CONSEILS PRATIQUES

Il y a carreaux et carreaux. Les costauds qui résistent à toutes les agressions, et les fragiles qui se rayent et font triste mine au passage répété des chaussures. En dehors de tout souci esthétique, il faut commencer par se demander quels services on en attends.

COMMENT CHOISIR ?

Deux éléments sont déterminants : la porosité et la résistance à l’usure.
-  Les carreaux poreux sont sensible au gel et ont une résistance mécanique amoindrie. Ils absorbent les liquides (eau, graisse, boissons…), et se tachent plus facilement.
-  L’usure modifie l’aspect des carreaux. Pour savoir si un carreau « tiendra le coup », il suffit de définir les besoins de résistance du revêtement en fonction de l’usage auquel il est destiné. Par exemple un carreau destiné à un couloir/escalier ou entrée/séjour devra présenter des comportements à l’usure et au poinçonnement plus important qu’un carreau correspondant à une cuisine ou une salle de bains où le comportement à l’eau et la tenue aux agents chimiques sont primordiaux.

AU SOL OU AU MUR ?

-  Sur le mur : Tous les carreaux sont utilisables, quelques que soient leurs caractéristiques. Evitez cependant l’emploi des carreaux épais ou trop grand format, car leur poids peut rendre leur pose plus difficile. Une exception néanmoins : dans les pièces où le risque d’y avoir des projections de liquides, salles de bains et surtout cuisine, vous avez intérêt à éviter les carreaux poreux.
-  Sur le sol : les carreaux doivent être de faible porosité, de bonne résistance à l’usure et aux taches, ou avoir reçu en usine un traitement approprié.
-  À l’extérieur : Prenez des carreaux résistants et pas trop glissants.

POSE SCELLÉE OU POSE COLLÉE ?

La satisfaction que vous donnera votre carrelage dépend beaucoup de la qualité de la pose. Celle-ci n’est pas à porté de tous et donc un bon carreleur est indispensable. On trouve différents type de produits pour fixer le carrelage.
-  Les mortiers : C’est la pose traditionnelle. Ils sont adaptés pour tout les types de poses, sols comme murales. Leur mise en œuvre est plus délicate et demande un peu d’expérience car même s’ils sont pré-dosés en usine, leur base en ciment et de constituant spécifiques, doit être mélangé à du sable et être dilués à l’eau au moment de la pose.
-  Les ciments-colles : Pré-dosés en usine, ils sont élaborés à base de ciment blanc ou gris, de sable, de résines et d’adjuvants divers. Ils sont à diluer avec de l’eau au moment de la pose, et sont plus destinés à la pose murale. Quel que soit le mode de pose, un joint entre carreaux est indispensable. Il faut savoir que les colles dont nous venons de parler, sont classées selon leur degrés de résistance à l’humidité.

LA POSE SUR DIFFÉRENTES SURFACE ?

La pose d’un carrelage doit se faire sur support parfaitement dégraissé, propre, sec, plan, stable et non dilatable à la chaleur.
-  Support en béton : si le béton est bien plan, mais neuf, laissez-le sécher deux à trois semaines, selon le degré d’humidité de l’endroit où il se trouve. Lorsqu’il est bien sec, faites disparaître toutes les irrégularités et brossez de façon à dépoussiérer totalement .Si le béton n’est pas plan, étalez sur lui un enduit de lissage.
-  Support en vieux carrelages : vous pouvez poser un nouveau carrelage sur un ancien, à condition que ce dernier ne soit pas irrégulier, qu’il n’y est pas trop de trous. S’il y en a quelques-uns, rebouchez-les au ciment et scellez tous les carreaux douteux. Avant de pose le nouveau carrelage, dégraissez l’ancien avec un bon détersif et laissez-le bien sécher.
-  Si le support à été préalablement peint, il vaut mieux poncer la peinture, car certains ciment-colles ne peuvent pas être posés sur de la peinture. Dépoussiérez totalement avant de poser le carrelage.
-  Sur du parquet : si le parquet est ancien est ancien et vibre, il ne faut absolument pas envisager d’y poser un carrelage. Dans ce cas collez des dalles en plastique. Vous pouvez poser un carrelage sur un parquet si celui-ci est lui-même collé sur une dalle en ciment.

LES QUANTITÉS ?

Il faut d’abord évaluer précisément le nombre de carreaux dont vous avez besoin. La quantité est généralement calculée en mètre carré : la longueur multiplié par largeur de la pièce pour le sol, et pour le mur, la longueur plus la largeur, multiplié par deux, multiplié par la hauteur à carreler. Ajouter des carreaux pour compenser les pertes dues à la découpe ; environ 5 % pour une pose à joint droits, 10 % à joints alternés, 15 % pour une pose diagonale. Si la pièce n’est pas absolument carrée ou rectangulaire, partez d’une rangée perpendiculaire à l’entrée. Augmentez le nombre des carreaux obtenu de 5 %, en cas de casse où de mauvaise coupe, de façon à pouvoir procéder à la pose en une seule fois, sans avoir à vous réapprovisionner en cours de travail.

Sur un sol parfaitement plat et sec (la chape en béton étant de loin le meilleur support pour un carrelage neuf), les carreaux sont posés en commençant par une première rangée partant du mur du côté le plus visible de la pièce. Vous pouvez aussi commencer la pose par le milieu, après avoir tracé les perpendiculaires, mais vous risquez d’avoir à couper des carreaux sur les 4 côtés de la pièce. Posez les carreaux un à un sur le sol, et scellez à l’aide de mortier de pose (ciment gris) ou de ciment-colle si le sol est nivelé. N’oubliez pas d’utiliser le niveau pour du carrelage soit plane. Ayez soin de laisser entre chaque carreau un joint assez large (min. 1 mm) et toujours égal.

Une fois les carreaux scellés, comblez les joints par un coulis de mortier (ciment blanc ou gris) que vous étalez avec une raclette. Saupoudrez toute la surface de sciure de bois et attendez 24 heures. Evitez de marcher dessus. Si vous devez le faire, posez une planche large sur les carreaux posés. Après 24 heures, frottez avec un chiffon légèrement humide pour enlever toute trace de mortier ou de ciment-colle.

LA POSE AUTOUR D’UN ÉVIER ?

Pour le plan de travail, mieux vaut retenir une dimension de carreaux nécessitant le moins de coupe possible. Les coupes augmentent le nombre de joint entre les carreaux où la saleté vient s’encrasser. Dans le cas où le nombre de carreaux entiers ne conviendrait pas, il faudrait utiliser la pince du carreleur ou la pointe au carbure pour tailler les carreaux. `

Avant de carreler le mur, préparez la surface : bouchez éventuellement les fissures et traitez le mur contre l’humidité si nécessaire. Si le mur était peint, grattez la peinture si elle est écaillée ou conservez-là si elle est bon état ; dans ce cas poncez-la pour permettre l’accrochage du ciment-colle. Commencez la pose murale par le bas et, si possible, faites reposer la première rangée de carreaux sur le bord de l’évier pour la maintenir en place le temps de prise du mortier. Posez les rangée supérieures en ménageant l’espace nécessaire aux joints entre les carreaux. Après le séchage du ciment-colle (le lendemain), passez la barbotine sur le mur carreler (la jointure ), gâchés avec de l’eau.

En finition, n’oubliez pas de former un joint au silicone qui assurera une parfaite étanchéité entre le mur et l’évier.

LA POSE MURALE DANS UNE SALLE DE BAINS ?

Le carrelage est le revêtement idéal pour la salle de bains, tant au sol qu’au mur ou en entourage de la baignoire. Dans la mesure du possible, définissez la surface à carreler de sorte qu’elle correspondent à un nombre entier de carreaux : cela vous évitera des coupes. La pose se fait ici selon les principes évoqués précédemment. N’oubliez pas la aussi, le joint d’étanchéité entre le mur carrelé et les appareils sanitaires.

DESSINER AVEC LE CARRELAGE ?

En modulant les formats, les motifs, les matières et les couleurs, l’imagination n’a pas de limites pour faire vivre le décor : céramiques, faïences, mosaïques composeront autant de fresques aux combinaisons infinies.

FAUT-IL TOUT CARRELER ?

Le carrelage joue un grand rôle dans la décoration de la salle de bain et il résout aussi le problème de l’humidité et des projections d’eau. Si votre plafond est à plus de 2,80 m, vous pouvez carreler jusqu’à 2 m et, avec une frise ou un listel à 1,80 m, « couper » le mur pour éviter d’avoir un trop grand panneau uniforme. Si votre plafond n’est qu’à 2,50 m environ, vous pouvez faire monter le carrelage jusqu’en haut avec également une frise à 2 m du sol. Le carrelage s’avère surtout indispensable au dessus de la baignoire (minimum 1,40 m) et dans la douche (environ 1,80 m).

LES TYPES DE CARREAUX ?

Les carreaux en faïence ou céramiques sont comprimés puis cuits à plus de 1000° C. Emaillés ou vitrifiés, ils sont imperméables et conviennent très bien aux salles de bains. Les carreaux de grès sont cuits à 1200° C, ce qui leur donne une grande dureté donc une excellente résistance, notamment aux infiltrations d’eau.

LA POSE EN DIAGONALE ?

Elle permet d’agrandir une petite pièce, notamment avec des carreaux clairs. Les carreaux rectangulaires peuvent être posés en travers d’une pièce pour l’élargir.

LE COÛT D’UN BEAU CARRELAGE ?

Vous trouverez des carrelages de bonnes qualité à tout les prix et dans tout les styles. L’effet esthétique n’est pas forcément lié au prix : il faut savoir faire preuve de créativité, notamment dans le calepinage, c’est à dire la disposition des carreaux et des motifs. Evitez cependant les carrelages brillants pour le sol car, même s-ils sont plus facile à nettoyer, ils restent souvent glissants et donnent un aspect froid.

CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE SUR UNE TERRE CUITE ?

Remettons en cause de vieux remèdes et des idées préconçues qui se transmettent de bouches à oreilles. Et ce, malheureusement jusque dans les milieux professionnels… les lignes qui suivent risquent de surprendre !

1- Ne jamais décaper une terre cuite avec de l’acide chlorhydrique ! en effet, quelquefois, la terre cuite ou le lit de ciment pauvre qui la supporte contiennent de la chaux. Celle-ci, en réaction avec l’acide va générer du chlorate de calcium qui n’est que partiellement soluble dans l’eau…Ce qui fait qu’au séchage des efflorescences blanches non soluble dans l’eau vont réapparaître.

2- Ne jamais mettre d’huile de lin ! et d’une manière générale tous les produits gras utilisés comme imprégnateurs ou bouche-pores. En effet, tous ces produits suscités sont saponifiables, ce qui signifie qu’avec le temps ils se transforment en savon. Ce phénomène se traduit par un changement de couleur localisé dans le carreaux et une quasi impossibilité à le maintenir propre. Certes il fût un temps où l’on ne disposait pas de grand chose d’autre que l’huile de lin pour traiter les terres cuites, mais cette époque est bien révolue et la chimie moderne met à notre disposition des produits de synthèse qui respectent parfaitement le matériau et dureront dans le temps.

En bref, un imprégnateur à l’huile aura une durée de vie limitée et aléatoire.

LE TRAITEMENT DE LA TERRE CUITE ?

1- La réussite du traitement sur une terre cuite ne dépend pas seulement des produits et de la méthode employés : à Il faut également que le traitement soit appliqué sur un sol parfaitement SEC, PROPRE et NEUTRE. à Le vide sanitaire doit être bien ventilé et efficace. à Le sable utilisé à la confection de la chape doit être du sable de plage, à défaut du sable lavé. Cette obligation devient caduque si les terres cuites sont posées au ciment-colle. àLe temps du séchage avant d’appliquer un traitement sera de 3 mois après pose traditionnelle, 1 mois ½ après la pose à la colle.

2- Les différentes étapes du traitement :
a) Le décapage
b) Le séchage parfait, 8 à 10 jours, plus si nécessaire !
c) La mise hors salpêtre, cette opération vous garantira définitivement des remontées de salpêtre.
d) L’imprégnation : traitement patiné ou incolore Les finitions : mat, satinée ou brillante.